Neuro-oncologie: Généralités

Généralités

Epidémiologie des tumeurs primitives

Les tumeurs primitives du système nerveux central constituent, malgré leur rareté relative, une source importante de handicap acquis et de mortalité. Certaines formes (gliomes du sujet âgé et lymphomes primitifs du système nerveux) augmentent en incidence. La mise en évidence d’anomalies moléculaires permet de mieux comprendre les mécanismes intimes de leur tumorigenèse et laisse espérer de nouveaux traitements plus ciblés.

Epidémiologie descriptive : Les tumeurs primitives du système nerveux central (SNC) sont estimées à 2% de l’ensemble des cancers. Elles sont nettement moins fréquentes que les tumeurs secondaires qui concernent, elle, 25 à 30 % de la population suivie pour un cancer. Leur incidence globale est de 10 cas pour 100 000 habitants dans les pays industrialisés. Il a été constaté une augmentation de 1 à 3% de l’incidence globale des tumeurs du SNC au cours des dernières décennies. Cette augmentation est particulièrement nette pour les tumeurs survenant chez les personnes âgées. L’incidence globale des tumeurs primitives du SNC a ainsi triplé chez les patients de 85 ans et plus entre 1975 et 1991 dans l’étude américaine de la SEER.

Variations épidémiologiques : L’incidence globale des tumeurs primitives du SNC croît avec le niveau socio-économique et d’une manière générale, elles sont plus fréquentes chez les hommes que chez les femmes (de 1,1 à 1,7 fois pour l’ensemble des types tumoraux majeurs, jusqu’à 2,2 pour les lymphomes et 3,3 pour les tumeurs à cellules germinales). Les méningiomes représentent une exception notable puisqu’ils sont deux fois plus fréquents chez la femme. Leur incidence annuelle varie de 2 à 6%.

Principe de la prise en charge

Le diagnostic des tumeurs cérébrales obéit à une certaine urgence car les déficits neurologiques acquis sont difficilement réversibles. Les signes cliniques frustres (céphalées d’apparition récente, déficits neurologiques centraux minimes, crises d’épilepsie) doivent inciter au moins à la réalisation précoce d’un scanner complété par une IRM en cas d’anomalie.

La gravité du pronostic et l’existence de ressources thérapeutiques nouvelles incitent à présenter les patients dans les réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) spécialisées en neuro-oncologie où siègent pour le moins des neuro-chirurgiens, des neurologues, des pathologistes, des radiologues, des radiothérapeutes et des oncologues médicaux spécialisés. Les patients doivent au mieux être traités dans le cadre d’essais thérapeutiques.