A quel moment ?

Les raisons de consulter un psychologue et un psychiatre peuvent être nombreuses. A simple titre indicatif, citons les plus fréquentes :

Il peut s’agir, pour le patient :

- d’un désir de parler de la maladie avec un autre interlocuteur qu’avec ses proches, même s’ils sont très soutenants ;
-  du sentiment d’une perte de ses repères habituels, de questions sur ses choix de vie, sur sa situation globale ;
-  de la peur de ses propres réactions face à la maladie et de celles des autres ;
-  de la difficulté à accepter les traitements et leurs effets secondaires éventuels ;
-  du sentiment de mal-être, de la perception d’un désarroi ou d’un sentiment de détresse psychologique ;
-  des fluctuations de l’humeur et des troubles du sommeil ;
-  de la persistance d’idées noires, de l’envie de tout laisser tomber ;
-  d’un doute sur l’opportunité d’un traitement psychotrope, notamment antidépresseur ;
-  des difficultés à communiquer, d’un sentiment d’être coupé des autres et incompris ;
-  des difficultés à parler de la maladie à ses proches, notamment à ses enfants ;
-  de la perturbation des relations familiales, sociales ( » le regard des autres « , la difficulté à se situer après la maladie…).

Pour l’entourage :

Il s’agit le plus souvent de difficultés de communication avec le malade, dans le soutien qu’on lui apporte.

Tous ces éléments et bien d’autres encore, que nous n’avons pas énumérés, peuvent ponctuer la traversée de la maladie et l’après traitement.

Ils sont nécessaires, suffisants et légitimes, pour demander ne serait-ce qu’une fois l’avis d’un tiers professionnel comme un psychologue ou un psychiatre. Ceci n’implique pas forcément la nécessité d’un suivi durable.

Le moment de consulter est d’abord et avant tout celui que le patient choisit pour cela. Différentes raisons peuvent freiner ce moment. Certaines sont les réticences bien connues quant aux métiers « psys » (image de la folie, de la maladie mentale, qui ici se redoublerait de la maladie cancéreuse ; réticence aussi à un suivi psychologique qui s’étalerait sur plusieurs années… ; mais aussi vécu de la consultation en psycho-oncologie comme un signe de faiblesse, dans l’idéologie malheureusement dominante du courage, de la lutte et du « se battre » contre le cancer) ; d’autres sont plus individuelles et se tiennent dans le décalage entre le fait de ressentir de la souffrance et demander de l’aide.
Pour franchir ce pas de la demande d’aide, il faut un temps – parfois très court, souvent plus long, mais propre à chacun. Ce qui fait que la consultation en psycho-oncologie ne se prescrit pas, pas plus qu’elle ne s’impose. Elle se propose, toujours signe de l’intérêt qu’on porte pour celui qui souffre, et dans le souci de l’aider au mieux.

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